Feu bactérien, comment lutter contre?

Le feu bactérien est une maladie dangereuse des plantes, soumise à la déclaration obligatoire. Elle est causée par une bactérie et peut provoquer des dégâts importants dans les cultures fruitières, les pépinières et les vergers haute-tige. Les arbustes sauvages et d'ornement contaminés jouent un rôle essentiel dans la propagation de la maladie. La production et la mise en circulation de végétaux du genre Cotoneaster et du genre Stranvaesia (= Photinia davidiana et Photinia nussia) est interdite depuis le 1er mai 2002.

feu bactérien

La maladie


La maladie a été mentionné pour la première fois il y a environ deux siècles en Amérique du Nord. L'agent causal, la bactérie Erwinia amylovora, est connu depuis une centaine d'années. La bactérie est arrivée en Suisse via l'Angleterre (1957). Elle a été décelée pour la première fois en 1989 à l'ouest du lac de Constance. Depuis l'an 2000, la bactérie est très répandue dans certaines régions de Suisse. Les traitements à l'aide d'antibiotiques ne sont pas autorisés en Suisse. Grâce à des contrôles visuels réguliers et à l'élimination méthodique des plantes atteintes par le feu bactérien, le potentiel infectieux est maintenu au plus bas niveau possible.

Cycle de vie du feu bactérien


  1. Hivernage dans un chancre
  2. Au printemps, le suc visqueux suinte
  3. Bactérie flagellée en forme de bâtonnets (Erwinia amylovora)
  4. Les insectes à la recherche de fleurs transportent le suc visqueux
  5. Fleurs infectées sans symptôme
  6. Premiers symptômes sur les fleurs 2 à 4 semaines plus tard
  7. Jeune pousse ou infection des pousses par les fentes dues à la croissance ou les blessures (par ex. grêle, etc.)
  8. Premiers symptômes sur les pousses 2 à 6 semaines plus tard
  9. Dépérissement de la plante

Bactéries flagellées en bâtonnets -> Erwinia amylovora

Taille et aspect: longueur de 3/1000 mm; flagelles pour se déplacer dans un film d'eau

Reproduction: à 25 °C: la bactérie double toutes les 72 min (1 million par jour!) -> production du suc 30 à 40 heures plus tard.

Durée de survie de l'agent (en partie pas encore scientifiquement prouvée):
De quelques heures à quelques jours env. à l'air libre (pas sur les plantes-hôtes)
De quelques jours à quelques semaines env. dans le compost
De quelques heures à quelques jours env. dans le sol à l'extérieur
Env. 2 jours dans une ruche
Plusieurs mois sur des appareils inutilisés mis à l'abri
Plusieurs mois dans les textiles et les vêtements mis à l'abri

La transmission à la plante

 

  • Insectes à la recherche de fleurs (voie d'infection la plus fréquente et la plus dangereuse)
  • Homme (commerce de plantes, outils de taille, gyrobroyeurs & pulvérisateurs, mains...)
  • Vent (fils visqueux dans le « plancton aérien »)
  • Grêle / pluie
  • Oiseaux
  • Insectes suceurs (par ex. pucerons)

 

La pénétration dans la plante

 

  • Les bactéries du feu bactérien ne peuvent pas pénétrer à travers les parois cellulaires/cuticules intacts
  • Attaque uniquement par les ouvertures qui existent déjà, tels que les fleurs (nectaires)
  • Plaies (dues à la taille, les fentes, la grêle, etc.)
  • Fentes dues à la croissance

 

La vie dans la plante

  • Les bactéries vivent entre les cellules situées sous l'écorce et sécrètent des substances qui détruisent les parois cellulaires (flétrissements).
  • Les bactéries se nourrissent de suc cellulaire -> dépérissement des parties contaminées de la plante.

Plantes hôtes du feu bactérien


Nom latin Nom français
   
Fruit à pépins  
Cydonia Cognassier
Malus Pommier, y compris d'ornement
Pyrus Poirier, y compris d'ornement et nashi
   
Arbustes d'ornement  
Chaenomeles Cognassier ou Pommier du Japon
Cotoneaster Cotonéaster
Mespilus Néflier
Pyracantha Buisson ardent

Photinia (Stranvaesia) davidiana

et Photinia (Stranvaesia) nussia

Stranvaesia

Eriobotrya

Néflier du Japon
   
Arbustes sauvages  
Crataegus Aubépine
Sorbus (sauf Sorbus intermedia) Alisier, Allouchier, Cormier et Sorbier (sauf Alisier de Suède)

 

La bactérie responsable du feu bactérien n'est pas dangereuse

ni pou rles autres espèces végétales, ni pour l'homme et l'animal.

Quand et comment reconnaître la maladie ?


Les bactéries pénètrent surtout dans la plante par les inflorescences. La période de floraison des plantes-hôtes est donc la période la plus dangereuse, car la plus propice à de nouvelles infections. Les premiers symptômes du feu bactérien sont visibles 2 à 6 semaines après la floraison. Les fleurs et les feuilles infectées flétrissent et changent de couleur (marron foncé à noir), puis meurent et sèchent. Les feuilles, fleurs ou fruits morts restent le plus souvent accrochés à la plante. Les infections sont également possibles par d'autres orifices (blessures causées par la grêle ou ayant une autre origine d'ordre mécanique, fentes dues à la croissance, etc.). Ce qui est caractéristique, notamment pour les espèces de fruits à pépins et les cotonéasters, est le noircissement des nervures principales et secondaires des feuilles, à commencer par le pétiole. Des signes de dépérissement se manifestent ensuite, d'abord au niveau du pétiole, puis à l'extrémité des pousses se recourbe en forme de crosse. Le dépérissement et le symptôme de la crosse peuvent cependant aussi être causés par la sécheresse, le gel, des champignons ou des insectes.

Lutte contre le feu bactérien


Dès le début de floraison on peut arroser deux fois par semaine avec de l'EM-5. Dilution 1 :500 (20ml d'EM-5 pour 10 litres d'eau) Les micro-organismes occuperont la place et ne laisseront aucune chance aux bactéries responsables de ce fléau. Ce traitement préventif a fait ses preuves dans bien des cas et vous évitez de devoir arracher les plantes concernées.

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